Le phoque qui voulait dormir debout
La mer est calme. Le soleil est parti se coucher derrière la banquise.
Sur un rocher tout plat, un bébé phoque ne dort pas. Il s'appelle Guimauve.
— Ce soir, dit Guimauve, je veux dormir debout.
Guimauve se dresse sur sa queue. Il lève le menton. Il ferme les yeux.
Un, deux, trois… plouf ! Guimauve tombe dans l'eau.
Glou, glou, glou, font les bulles.
— Bon, dit Guimauve. Alors je vais dormir sur le dos.
Guimauve se retourne. Le ventre au ciel, les nageoires en croix. Il ferme les yeux.
Une petite vague arrive. Flap ! L'eau lui entre dans le nez.
— Atchoum ! dit Guimauve.
Chut… ce n'est pas encore ça.
— Alors je vais dormir en boule, dit Guimauve.
Guimauve remonte sur le rocher. Il se roule tout rond, comme un galet. Il ferme les yeux.
Mais le rocher est dur. Et le rocher est froid.
— Brrr, dit Guimauve.
Chut… ce n'est pas encore ça.
— Alors je vais dormir la tête en bas, dit Guimauve.
Guimauve plonge le museau dans l'eau et laisse ses nageoires en l'air.
Glou, glou, glou.
Non. On ne dort pas la tête en bas.
Guimauve remonte. Il souffle un grand souffle : pfff.
Guimauve est fatigué. Très fatigué.
Alors, dans le noir tout doux, une grande ombre glisse jusqu'au rocher. C'est Maman Phoque.
— Viens, mon petit plouf, dit Maman Phoque.
Guimauve se glisse contre elle. Le ventre de maman est tiède. Il monte, il descend, il monte, il descend.
Guimauve pose sa joue dessus.
Il ne tombe pas. Il n'a pas froid. L'eau ne rentre pas dans son nez.
— C'est ça, murmure Guimauve. C'est ça, la bonne position.
La mer fait plouf, tout doucement, contre le rocher.
Plouf… plouf… plouf…
Maman Phoque met sa nageoire sur le dos de Guimauve.
Les étoiles s'allument, une, puis deux, puis beaucoup.
Guimauve dort.
Chut… dodo, petit phoque.
Fin