Une étoile dans la poche
Dans la poche du pyjama de Apolline, il y a quelque chose qui brille.
C'est une étoile. Une étoile minuscule, pas plus grande qu'une miette de lumière.
Ce soir, dans le lit, Apolline penche la tête vers sa poche. Et elle chuchote, tout bas, tout bas :
— Étoile ? Tu es là ?
— Je suis là, chuchote l'étoile. Je suis toujours là.
— Tu es toute chaude, dit Apolline.
— C'est parce que je brille doucement, dit l'étoile. Doux, doux, doux, comme une petite veilleuse.
Apolline pose sa main sur la poche. Sous ses doigts, ça fait une toute petite lumière rose.
— Étoile, tu vas dormir aussi ?
— Presque, dit l'étoile. Moi, je dors avec un œil qui brille. Comme ça, je veille sur toi toute la nuit.
— Toute la nuit ? souffle Apolline.
— Toute la nuit, souffle l'étoile. Quand tu respires, je me balance. Quand tu rêves, je scintille. Ping… ping… tout doucement.
Apolline sourit dans son oreiller.
— Et si je me réveille ?
— Alors tu poseras ta main sur ta poche, dit l'étoile. Tu sentiras ma petite chaleur. Et tu sauras que tout va bien.
— Étoile… tu me racontes le ciel ?
— Le ciel, chuchote l'étoile, c'est une grande couverture bleue. Avec plein de petites sœurs qui brillent dessus. En ce moment, elles se souhaitent bonne nuit. Cli, cli, cli, font leurs lumières.
— Cli, cli, cli, répète Apolline, dans un bâillement.
— Ferme les yeux, ma toute douce, dit l'étoile. Je compte mes rayons pour t'endormir. Un rayon… deux rayons… trois rayons…
La chambre devient calme, calme. La respiration de Apolline se fait lente, comme une petite vague.
— Bonne nuit, étoile, murmure Apolline, les yeux fermés.
— Bonne nuit, Apolline, murmure l'étoile. Dors. Je brille tout bas, juste pour toi.
Et dans la poche du pyjama, toute la nuit, une miette de lumière rose veille, doucement, doucement, jusqu'au matin.
Fin