La chambre qui grandit
La maison est nouvelle. Les cartons sont partout. Et au bout du couloir, il y a une chambre.
C'est la chambre de Pilou.
Pilou entre. La chambre est grande. La chambre est vide. Il n'y a rien du tout dedans.
— Ohé ? dit Pilou.
— Ohééé, répond la chambre.
Oh là là. Une chambre qui répond, c'est une chambre bien trop grande.
Alors Papa apporte le tapis. Frou, frou, frou. Le tapis se couche par terre.
— Ohé ? dit Pilou.
— Ohé, répond la chambre, un peu moins fort.
Maman apporte le petit lit. Toc, toc. Le lit se met contre le mur.
— Ohé ? dit Pilou.
— Ohé, répond la chambre, encore moins fort.
Pilou apporte le coussin. Plouf ! Le coussin tombe dans le lit.
— Ohé ? dit Pilou.
— Oh, dit la chambre, tout doucement.
Papa apporte la lampe. Clic. La lumière fait un rond jaune sur le mur.
— Ohé ? dit Pilou.
Et là, plus rien. La chambre ne répond plus. Elle écoute.
Il reste une chose. Une seule.
Pilou va la chercher dans le grand carton. Il tire, il tire, il tire… et voilà : c'est Chiffon, le doudou.
Chiffon sent la maison d'avant. Il sent le lait, la sieste, et un petit peu la confiture.
Pilou met Chiffon dans le lit. Et Pilou monte à côté.
Maintenant, la chambre a un tapis, un lit, un coussin, une lampe, un doudou et un Pilou.
Elle n'est plus vide du tout. Elle est juste à la bonne taille.
Maman éteint la lampe. Clic. Il reste le rond de lune sur le mur.
— Bonne nuit, ma chambre, dit Pilou.
Cette fois, la chambre ne répond pas avec de l'écho. Elle répond avec du chaud, tout autour, comme une couverture.
Chut… dodo, Pilou.
Demain, on ouvrira les autres cartons. Il y aura les livres, la petite chaise, les cubes et le mouton en laine.
Et la chambre grandira encore un peu, tout doucement, comme Pilou.
Fin